Après la guerre, l’État entreprend l’aménagement de vastes nécropoles où chaque visiteur doit pouvoir prendre la mesure du sacrifice consenti par la Nation.
Dès 1919, le site de Notre-Dame-de-Lorette s’impose comme le point de ralliement principal des visiteurs.
À cause de son bureau d’état civil militaire, il est la destination privilégiée des pèlerins laïcs ; à cause du culte rendu avant-guerre à Notre-Dame-de-Lorette, il draine aussi les pèlerins de la foi.
Le petit cimetière créé après la bataille de mai 1915 par les soldats français sera choisi comme site pour l'aménagement d'une vaste nécropole, où seront accueillies les dépouilles en provenance de plus de 150 cimetières des fronts de l’Artois, de Flandre, de l’Yser et du littoral belge.
20 000 corps identifiés y recevront une sépulture individuelle et les restes de près de 22 000 inconnus seront regroupés dans 8 ossuaires.
Lorette devient ainsi la plus grande nécropole nationale française.
Projet de chapelle, s.d. Archives départementales du Pas-de-Calais, 42 J 282.
De style romano-byzantin, la chapelle parée de pierre de Givet reconstituée est en forme de croix latine. Elle mesure 46 mètres de long et 14 mètres de large. Elle est surmontée d’une coupole, à la croisée du transept, qui culmine à 34 mètres de hauteur.
L'aménagement de la nécropole et la construction de la tour-lanterne et de la chapelle-basilique ont été rendus particulièrement difficiles par la mauvaise qualité du terrain, le manque d’accès pour l’approvisionnement du chantier en matériaux et le climat très rude du plateau.
Devis des travaux de la chapelle, 27 décembre 1927. Archives départementales du Pas-de-Calais, 42 J 282.
Notre-Dame-de-Lorette, vue générale, carte postale, Archives départementales du Pas-de-Calais, 42 J 159.
Dans la France de l’entre-deux-guerres, l’aménagement des cimetières militaires fut à la charge de l’État, soumis à la pression des associations d’anciens combattants, dans un pays ruiné qui devait affronter de lourdes charges financières pour venir en aide aux mutilés, aux veuves et aux orphelins, tout en reconstruisant les régions détruites.
Les cimetières français ont répondu à des impératifs de construction davantage que d’architecture, ce qui explique la médiocrité de leur esthétique. C’est la production en série, à faible coût qui a été le principe essentiel.
Les plans ont été tracés par des techniciens du Ministère des Pensions, à partir des principes très sommaires édictés par une circulaire du 24 février 1927, dans lesquelles la notion de scénographie est absente.
Souscription pour l’achèvement du monument de Notre-Dame-de-Lorette. Appel aux souscripteurs. Archives départementales du Pas-de-Calais, 42 J 273.
Vue de la tombe du général Barbot au cimetière militaire de Lorette, tirage photographique. Archives départementales du Pas-de-Calais, 4 FI 3558.
Le décret du 25 septembre 1920 prévoit que chaque tombe doit comporter un monument individuel et uniforme, qui porte, en inscription, les :
- nom,
- prénom,
- grade,
- affectation,
- lieu et date du décès,
- ainsi que la mention "Mort pour la France".
L’idée mise en avant est l’égalité des hommes devant la mort et le don de soi à la Patrie. En République, le sacrifice d’un citoyen équivaut à celui d’un autre.
Reproduction des vitraux de la chapelle de Notre-Dame de Lorette. Archives départementales du Pas-de-Calais, 42 J 307.
Les vitraux ont exécutés par le maître-verrier Lorin d’après les dessins de M. Pinta (prix de Rome).
Le vitrail de Saint-Louis a été offert par MM. Pinta et Lorin en souvenir de leurs fils morts pour la France.
Six vitraux du transept de la chapelle ont été offerts par la commission impériale des sépultures militaires britanniques, ils ont été exécutés par l’artiste anglais Payne. Ces derniers ont été offerts officiellement le dimanche 4 août par le ministre de la guerre anglais qui les a remis à Monseigneur Julien.
Souscription pour l’achèvement du monument de Notre-Dame-de-Lorette. Imprimé de remerciement. Archives départementales du Pas-de-Calais, 42 J 273.
Procession à Ablain-Saint-Nazaire, s.d. Archives départementales du Pas-de-Calais, 4 FI 1855.
Le 26 mai 1927, l’Association du Monument de Notre-Dame de Lorette organise une cérémonie pendant laquelle Monseigneur Julien, évêque d’Arras, bénit la nouvelle chapelle de la nécropole. La bénédiction est suivie d’une grande messe en plein air pour les morts et en particulier pour le général Maistre et les soldats du 21e corps d’armée.
Souscription pour l’achèvement du monument de Notre-Dame-de-Lorette. Carte de souscription. Archives départementales du Pas-de-Calais, 42 J 273.
Soldats australiens ou néo-zélandais (?) défilant à Lorette. Archives départementales du Pas-de-Calais, 4 FI 1858.